petit lexique de termes relatifs à la poésie
 

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A-B-C-D-E-F-H-I-L-M-N-O-P-Q-R-S-T-V-Z
 
 

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A
accumulation : (cascade) se dit d'une série de mots du même groupe grammatical (noms, verbes, adjectifs, ...).  L'accumulation crée un effet de diversité, de multiplicité, d'insistance.
    Exemple (Victor Hugo, "Tristesse d'Olympio") :

        <<Oh! dites-moi, ravins, frais ruisseaux, treilles mûres,
           Rameaux chargés de nids, grottes, forêts, buissons,
            Est-ce que vous ferez pour d'autres vos murmures?>>

agencement : (placement/arrangement) terme plutôt large qui désigne la forme / l'organisation / la disposition typographique d'un texte ou ses parties.

alexandrin : un vers de 12 syllabes; traditionnellement, l'alexandrin contient toute une idée (il n'y a pas d'enjambement) et se voit coupé par la césure en deux parties égales (hémistiches) de 6 syllabes chacune, mais la prosodie moderne admet plus de liberté de définition.

allégorie : (allegory) représentation d'une idée (abstraite) produite par une description métaphorique soutenue et, pour la plupart, concrète.
    Exemples : Dans la Bible, l'arbre de la science du bien et du mal serait une allégorie, la figuration physique d'une idée métaphysique.
                      La Statue de la Liberté, la Mère Nature, et la Faucheuse (Grim Reaper) sont toutes des figures allégoriques.  Pourtant, ne confondez pas l'allégorie et la personnification; bien qu'on puisse les voir ensemble, elles sont des figures distinctes!

allitération : (alliteration) la répétition de sons consonantiques dans une suite de mots.
    Exemples :
        Chacun cherche son chat  (titre d'un film)

        (Louis Aragon, "Les mains d'Elsa") :

<<[...] Lorsque je prends à mon pauvre piège
De paume et de peur de hâte et d'émoi
Lorsque je les prends comme une eau de neige
Qui fond de partout dans mes mains à moi. [...]>>


    voir aussi : assonance; consonance

anacoluthe : (anacoluthon) rupture grammaticale; interruption ou abandon d'une phrase commencée (dû à un changement subit dans l'esprit de l'auteur).
    Exemple (Blaise Pascal, "??"):
        <<Le nez de Cléopâtre, s'il eût été plus court, tout la face de la terre aurait changé.>>

anaphore : (anaphora) terme employé pour la répétition d'un mot ou groupe de mots (généralement en tête de vers consécutifs).
    Exemples :
        (Louis [Aloysius] Bertrand, "Chèvremorte") :
        <<Ce n'est point ici qu'on respire la mousse des chênes et les bourgeons du peuplier,
        ce n'est point ici que les brises et les eaux murmurent d'amour ensemble.>>

        (Christine de Pisan, "Seulette suis..." : ici en français moderne) :
        <<Seulette suis et seulette veux être,
        Seulette m'a mon doux ami laissée,
        Seulette suis, sans compagnon ni maître,
        Seulette suis, dolent et courroucée,
        Seulette suis en langueur mésaisée,
        Seulette suis plus que nulle égarée,
        Seulette suis sans ami demeurée.>>
 

antithèse :(antithesis)deux expressions ou idées contraires que l'on juxtapose en proche proximité afin de mieux faire ressortir la différence entre elles.
    Exemple (Louise Labé, "Je vis, je meurs...").  Dans l'extrait suivant, chaque vers représente une proposition antithétique :
    <<Je vis, je meurs : je me brûle et me noie.
        J'ai chaud extrême en endurant froidure :
        La vie m'est et trop molle et trop dure.
        J'ai grands ennuis entremêlés de joie :

        Tout à un coup je ris et je larmoie,
        Et en plaisir maint grief tourment j'endure :
        Mon bien s'en va, et à jamais il dure :
        Tout en un coup je sèche et je verdoie. [...]>>
 

antonomase : (antonomasia) figure qui désigne une personne par un épithète ou nom relatif à son caractère.
    Exemples :

Margaret Thatcher = la Dame de fer
une personne despotique  = un petit Hitler, un Napoléon, etc.
un homme séducteur = un Don Juan


apostrophe : figure par laquelle on interpelle soudainement une personne ou une chose personnifiée.
    Exemple (Alphonse de Lamartine, "Le Lac") :

            <<O temps! suspends ton vol, et vous, heures propices!
                            Suspendez votre cours :
                Laissez-nous savourer les rapides délices
                            Des plus beaux de nos jours>>

assonance : la répétition de sons vocaliques dans une suite de mots et/ou à la rime.
    Exemple (Guillaume Apollinaire, "Le Pont Mirabeau") :
    <<Sous le pont Mirabeau coule la Seine
            Et nos amours
        Faut-il qu'il m'en souvienne
        La joie venait toujours après la peine [...]>>

    voir aussi : allitération, consonance
 

asyndète : (asyndeton) l'absence de conjonctions entre des termes ou des groupes de termes en rapport étroit.
    Exemples (Charles Baudelaire, "Au Lecteur") :

<<La sottise, l'erreur, le péché, la lésine,
Occupent nos esprits et travaillent nos corps,
Et nous alimentons nos aimables remords,
Comme les mendiants nourrissent leur vermine.

Nos péchés sont têtus, nos repentirs sont lâches;
Nous nous faisons payer grassement nos aveux,
Et nous rentrons gaiement dans le chemin bourbeux,
Croyant par de vils pleurs laver toutes nos taches. [...]>>

            Dans les deux cas, la conjonction "et" manque.
 

B
ballade : petit poème de forme fixe, ayant trois couplets (ou plus), un refrain et un envoi.

blason : poème descriptif qui détaille les caractères ou les qualités d'une chose ou d'une personne (en énumérant, par exemple, les parties du corps de celle-ci).
 

C
calembour :(pun) jeu de mots qui crée un effet comique ou ironique en remplaçant un terme attendu avec un autre terme homophonique.

calligramme : poème dont la disposition typographique forme un objet / un dessin.  À voir : les Calligrammes de Guillaume Apollinaire).

césure : (caesura) pause métrique à l'intérieur d'un vers (souvent identifiable par la présence d'une marque de ponctuation); traditionnellement, la césure coupe le vers en deux parties égales appellées des hémistiches.

chiasme : on appelle chiasme une structure par laquelle deux termes ou deux sens se répètent mais se voient invertis.
    Exemples :
            <<Blanc bonnet et bonnet blanc>>

                (Charles Baudelaire, "Hymne à la Beauté") :
            <<De Satan ou de Dieu, qu'importe?  Ange ou Sirène,>> (...)

comparaison :(simile) rapport établi de façon explicite entre deux termes; la comparaison est identifiable le plus souvent par la présence du mot "comme", mais parfois aussi par d'autres, y compris : tel(le)(s), plus, moins, ainsi.
    Exemples (Charles Baudelaire, "Correspondances") :

<<La Nature est un temple où de vivants piliers
Laissent parfois sortir de confuses paroles;
L'homme y passe à travers des forêts de symboles
Qui l'observent avec des regards familiers.

Comme de longs échos qui de loin se confondent
Dans une ténébreuse et profonde unité,
Vaste comme la nuit et comme la clarté,
Les parfums, les couleurs et les sons se répondent.

Il est des parfums frais comme des chairs d'enfants,
Doux comme les hautbois, verts comme les prairies,
-- Et d'autres, corrompus, riches, et triomphants,

Ayant l'expansion des choses infinies,
Comme l'ambre, le musc, le benjoin et l'encens
Qui chantent les transports de l'esprit et des sens.>>


consonance : répétition ou ressemblance du son final dans une suite de mots
    Exemple (Stéphane Mallarmé, "A la nue accablante...") :

<<[...] Dans le si blanc cheveu qui traîne
Avarement aura noyé
Le flanc enfant d'une sirène.>>
    voir aussi : assonance; allitération

contrepèterie : (spoonerism) Une interversion de lettres ou de syllabes d'une suite de mots qui résulte dans une expression ayant aussi un sens (souvent vulgaire ou burlesque).
    Exemple (Robert Desnos, Corps et Biens) :

        <<Les lois de nos désirs sont des dés sans loisir.>>

couplet : chacune des parties d'une chanson ayant un même nombre de vers, séparées par un refrain.

(rime) croisée : le schéma rythmique [A, B, A, B] s'appelle rime croisée.
    Exemple (Arthur Rimbaud, "Le Bateau ivre") :

<<J'ai vu des archipels sidéraux! et des îles
Dont les cieux délirants sont ouverts au vogueur:
-- Est-ce en ces nuits sans fond que tu dors et t'exiles,
Million d'oiseaux d'or, ô future Vigueur? --
        voir aussi : plate, embrassée

D
décasyllabique : un vers décasyllabique compte 10 syllabes.
    Exemple (Paul Verlaine, "Clair de lune") :

        <<Vo/tre â/me es/t un/ pa/y/sa/ge/ choi/si
        Que/ vont/ char/mant/ ma/sque/s et/ ber/ga/masques
        Jou/ant/ du/ lu/th et/ dan/san/t et/ qua/si
        Tri/stes/ sous/ leurs/ dé/gui/se/ments/ fan/tasques.>>

diérèse : (dieresis) séparation des sons vocaliques (voyelles) d'une syllabe qui ne sont pas normalement divisés pour en prononcer deux syllabes, gardant ainsi un mètre régulier  (voir son contraire : synérèse).
    Exemple (Arthur Rimbaud, "Le bateau ivre") :
        <<J'étais insoucieux de tous les équipages,
            Porteur de blés flamands ou de cotons anglais.
            Quand avec mes haleurs ont fini ces tapages,
            Les Fleuves m'ont laissé descendre où je voulais.>>
    Le poème est basé sur un mètre dodécasyllabiques (soit 12 syllabes / vers), mais dans le premier vers de ce quatrain-ci, on ne compte que 11 syllabes lors qu'on le scande de façon normale; il faut donc diviser le mot "insoucieux" en 4 syllabes au lieu de 3 :
            scansion normale : in/sou/cieux (3)
            scansion dans ce vers : in/sou/ci/eux (4)

distique : groupe de deux vers formant un énoncé, une idée complète.
    Exemple (Charles Baudelaire, "Invitation au voyage") :
            <<Mon enfant, ma soeur,
                Songe à la douceur,
                D'aller là-bas vivre ensemble
                Aimer à loisir,
                Aimer et mourir
                Au pays qui te ressemble!
                Les soleils mouillés
                De ces ciels brouillés
                Pour mon esprit ont les charmes
                Si mysterieux
                De tes traîtres yeux,
                Brillant à travers leurs larmes.

          Là, tout n'est qu'ordre et beauté,
          Luxe, calme et volupté.

                ........................>>

(Répété à trois reprises à des intervalles réguliers, ce distique forme aussi le refrain de ce poème)

dizain : une strophe ayant 10 vers.

dodécasyllabique: un vers dodécasyllabique compte 12 syllabes (généralement, l'alexandrin).
 

E
élégie : poème lyrique exprimant la douleur, une plainte, ou des sentiments mélancoliques / tristes.

(rime) embrassée : le schéma rythmique [A, B, B, A] s'appelle rime embrassée.
    Exemple (Alfred de Musset, "Tristesse") :

<<J'ai perdu ma force et ma vie,
Et mes amis et ma gaie;
J'ai perdu jusqu'à la fier
Qui faisait croire à mon génie.>>
        voir aussi : plate, croisée

enjambement : il y a enjambement lorsqu'un vers de poésie ne contient en lui-même toute une idée exprimée et quand cette idée continue au vers suivant (cette partie-ci s'appelle le rejet).
    Exemple (Victor Hugo, "Demain dès l'aube,...") :

        <<Demain dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne
        Je partirai.  Vois-tu, je sais que tu m'attends.>>

    Dans ce cas, "Je partirai" = le rejet.

envoi : dédicace d'un poème en forme d'un quatrain (4 vers) qui termine une ballade.

épigraphe : courte citation qu'un auteur emprunte à une autre source comme prologue, introduction, ou exemple à ce qui suit, la plaçant en tête de l'oeuvre en question.
    Dans l'exemple suivant (Louis [Aloysius] Bertrand, "Les Cinq doigts de la main"), le poète entame son texte avec une référence extraite d'une source secondaire pour signaler au lecteur la nature de son propre sujet.
 

Une honnête famille où il n'y a jamais eu de banqueroute,
 où personne n'a jamais été pendu.
      -- La Parenté de Jean de Nivelle.
<< Le pouce est ce gras cabaretier flamand, d'humeur goguenarde et grivoise, qui fume sur sa porte, à l'enseigne de la double
 bière de mars.

 L'index est sa femme, virago sèche comme une merluche, qui, dès le matin, soufflette sa servante dont elle est jalouse, et caresse la
 bouteille dont elle est amoureuse.

 Le doigt du milieu est leur fils, compagnon dégrossi à la hache, qui serait soldat s'il n'était brasseur, et qui serait cheval s'il n'était
 homme.

 Le doigt de l'anneau est leur fille, leste et agaçante Zerbine qui vend des dentelles aux dames, et ne vend pas ses sourires aux
 cavaliers.

 Et le doigt de l'oreille est le Benjamin de la famille, marmot pleureur qui toujours se brimbale à la ceinture de sa mère comme un petit
 enfant pendu au croc d'une ogresse.

 Les cinq doigts de la main sont la plus mirobolante giroflée à cinq feuilles qui ait jamais brodé les parterres de la noble cité de
 Harlem. >>

euphémisme : figure par laquelle une expression directe (souvent forte ou déplaisante) est remplacée par une autre plus attenuée ou plaisante.
Exemple (André Chénier, "La jeune Tarentine"):
    <<Elle a vécu, Myrto, la jeune Tarentine.>>
    Ici, elle a vécu = elle est morte.

D'autres euphémismes pour "la mort" = "elle mange les pissenlits par les racines"; "il s'est éteint"; "elle est allée voir les anges"; etc.

exorde : préambule ou introduction d'un discours  (contraire : péroraison).
 

F
fable : petit récit en vers ou en prose qui sert à un but didactique (qui a une morale); très souvent, la fable est peuplée de personnages fictifs ou d'animaux personnifiés.  À voir : Les Fables de Jean de la Fontaine, d'Ésope, et d'autres.

fabliau : fable écrite en vers octosyllabiques; ce genre fût populaire aux XIIIe et XIVe siècles.

(rime) féminine : se dit d'une rime lorsqu'elle se termine en "e muet," toute autre rime étant masculine.
 

H
hémistiche : la moitié d'un vers (en particulier d'un alexandrin quand celui-ci est coupé par la césure).

heptasyllabique : un vers heptasyllabique compte 7 syllabes.

huitain : une strophe ayant 8 vers, ou terme collectif pour parler des deux quatrains d'un sonnet.

hyperbate : figure de style qui : 1) intervertit l'ordre de deux termes ou 2) disjoint deux termes souvent réunis.
Exemple : (Arthur Rimbaud, "Voyelles") :
    <<[...] I, pourpres, sang craché, rire des lèvres belles
               Dans la colère ou les ivresses pénitentes; [...}>>
            Grammaticalement parlant, l'expression soulignée serait plus correcte ainsi : "rire de belles lèvres"

hyperbole : figure qui consiste en l'emploi d'une expression forte (éxagérée) pour mettre en relief une idée plus simple.
    Exemples : "je meurs d'ennui..."; "il m'a tué avec son silence"; etc.
voir son contraire : litote

I
idylle : petit poème traitant un sujet pastoral, souvent amoureux.

impair : on appelle un vers impair lorsqu'il compte un nombre impair de syllabes (1,3,5,7,9,11...).
    Exemple (Paul Verlaine, "Art poétique") :

        De/ la/ mu/si/que a/vant/ tou/te/ chose,
        Et/ pour/ ce/la/ pré/fè/re/ l'Im/pair
        Plus/ va/gue et/ plus/ so/lu/ble/ dans/ l'air,
        Sans/ rie/n en/ lui/ qui/ pè/se ou/ qui/ pose.

    Ici, chaque vers compte 9 syllabes; ce sont donc des vers ennéasyllabiques.

(rime) intérieure : on a rime intérieure lorsque les mêmes sons se répètent dans un vers. Allitération, assonance, et consonance sont des types de rimes intérieures, mais on utilise le terme aussi pour parler d'une répétition du même son à la fin de chaque hémistiche (moitié) d'un seul vers (exemple 1), ou de deux vers de suite (exemple 2) :
 

Exemples :
1) Victor Hugo, "A Villequier" :
<<[...] Maintenant qu'attendri par ces divins spectacles,
Plaines, forêts, rochers, vallons, fleuve argen,
Voyant ma petitesse et voyant vos miracles,
Je reprends ma raison devant l'immensité; [...]"
2) Louis Aragon, "Santa Espina" :
<<Je me souviens d'un air qu'on ne pouvait entendre
Sans que le coeur battît et le sang fût en feu
Sans que le feu reprît comme un coeur sous la cendre
Et l'on savait enfin pourquoi le ciel est bleu [...]>>


L
(rime) léonine : rime par laquelle deux syllabes (ou plus) sont répétées de vers en vers.
    Exemples :

(Stéphane Mallarmé, "Brise marine") :

<<[...] Je partirai! Steamer balançant ta mâture,
Lève l'ancre pour une exotique nature! [...]>>
 

(Charles Baudelaire, "Hymne à la Beauté") :

<<[...] Sors-tu du gouffre noir ou descends-tu des astres?
Le Destin charmé suit tes jupons comme un chien;
Tu sèmes au hasard la joie et les désastres,
Et tu gouvernes tout et ne réponds de rien. [...]>>

litote : (litotes) figure par laquelle on implique plus qu'on ne dise; comparable à l'euphémisme, la litote se construit le plus souvent au négatif.
    Exemple (Pierre Corneille, Le Cid) :
        <<Va, je ne te hais point.>> (ce qu'elle [Chimène] veut dire, c'est <<Je vous aime!>>)

   voir son contraire : hyperbole

lyrique : la poésie est lyrique lorsqu'elle révèle les sentiments intimes du poète.
 

M
madrigal : court poème qui exprime une idée galante, ingénieuse, pleine d'esprit.

(rime) masculine : se dit de toute rime qui ne se termine pas en "e muet" (voir son contraire : féminine).

métaphore : figure par laquelle une expression concrète se substitue à une idée abstraite sans être introduite par une comparaison directe.

Exemples :
Charles Baudelaire, "Correspondances" :
<<La Nature est un temple où de vivants piliers
Laissent parfois sortir de confuses paroles; [...]>>

Michael E. Lane, "Tomb raider" :
<<Impetuous raider of this tomb
Of my heart
What do you expect in your rifling to find?
You've come, dear invader, I presume
With your art
To strip me of body, of soul, and of mind. [...]>>

voir aussi : comparaison


métaphrase : (metaphrasis)processus de traduction par lequel la forme du texte est changée (de vers en prose ou vice-versa, par exemple).

métathèse : (metathesis) transposition de lettres, de sons, de syllabes dans un mot, souvent pour créer un calembour (la métathèse opérée sur une phrase = contrepèterie).

métonymie : (metonymy) figure par laquelle on implique un concept au moyen d'une expression qui lui est propre; par exemple, une partie pour le tout (dans ce cas, ceci s'appelle aussi une synecdoque), le contenant pour le contenu, la cause pour l'effet, etc.

Exemples :
"demander la main de quelqu'un" implique "demander à cette personne [entière...] de devenir son épouse" (partie --> tout)
"prendre un verre" implique "prendre un verre de quelque chose" (contenant --> contenu)
"lever l'ancre" implique "naviguer" (cause --> effet)
"sa Majesté" implique "le roi" (qualité --> objet)

voir aussi : synecdoque

mètre : la structure rythmique du vers; en français, le nombre de syllabes (heptasyllabique, octosyllabique, décasyllabique, dodécasyllabique, ...); en anglais, le nombre et type de pieds (pentamètre iambique, par exemple = 5 pieds formés d'iambes, soit : ¦ * -- ¦ * -- ¦ * -- ¦ * -- ¦ * -- ¦
 

N
néologisme : la création d'un mot nouveau, ou l'emploi d'un mot préexistant dans un sens nouveau.
 

O
octosyllabique : un vers octosyllabique compte 8 syllabes.
    Exemple (Théophile Gautier, "La Mansarde") :
    <<Sur/ les/ tui/le/s où/ se/ ha/sarde
        Le/ chat/ gue/ttant/ l'oi/seau/ qui/ boit,
        De/ mon/ bal/co/n u/ne/ man/sarde
        En/tre/ deux/ tu/yaux/ s'a/per/çoit.>>

ode : poème lyrique, souvent inspiré par des sentiments élevés, destiné à être chanté ou accompagné de musique.

onomatopée : l'usage d'un mot ou groupe de mots dont le son reflète le sens de la chose représentée.
         Exemple (Jean Racine, Andromaque) :

             <<Pour qui sont ces serpents qui sifflent sur vos têtes?>>

oxymoron : (onomatopeia)figure qui juxtapose deux termes à sens contradictoires afin de leur donner un nouveau sens ou créer un effet frappant.

    Exemples :
    les expressions "la douce violence", "un bruit tranquille", et "une lueur obscure" sont des oxymorons.

    (Nicolas Boileau, "L'Art poétique") :
    <<[...] Hâtez-vous lentement; et, sans perdre courage,
        Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage :
        Polissez-le sans cesse et le repolissez;
        Ajoutez quelquefois, et souvent effacez. [...]>>

P
pair : on appelle un vers pair lorsqu'il compte un nombre pair de syllabes (2,4,6,8,10,12...).

pastiche : produit littéraire (ou artistique) qui résulte d'une imitation d'un maître.

(rime) pauvre : une rime est "pauvre" lorsqu'elle se fond sur la répétition d'un seul son vocalique (voyelle)
    Exemples :

chat / ingrat : le phonème [a] constitue la rime
vous / tout : le phonème [u] constitue la rime
perfidie / lit : le phonème [i] constitue la rime
beauté / fée : le phonème [e] constitue la rime


    voir aussi : riche, suffisante

péroraison : conclusion d'un discours (contraire : exorde).

personnification : action d'attribuer des qualités ou des actions humaines à un animal, une chose inanimée, ou une idée.

voir aussi : allégorie, prosopopée


(rime) plate : le schéma rythmique [A, A, B, B, ...] s'appelle rime plate.
     Exemple (Marceline Desbordes-Valmore, "Sol natal") :

<<Dans cette ville étrange où j'arrive toujours;
Dans ce bazar sanglant où s'entrouvrent leurs jours,
Où la maison bourdonne et vit sans nous connaître,
Ils ont fait un jardin sous la haute fenêtre;
Et nous avons par jour un rayon de soleil,
Qui fait l'enfant robuste et le jardin vermeil!>>
    voir aussi : croisée, embrassée

pléonasme : redondance d'expression; utiliser deux expressions qui veulent dire la même chose, souvent pour exagérer ou souligner le sens.
     Exemple (Charles Baudelaire, "Femmes damnées : Delphine et Hippolyte") :

                <<Ma Delphine, je souffre et je suis inquiète>>

poème en prose

prétérition : dire qu'on ne fera pas quelque chose comme prétexte ou introduction justement de le faire.
    Exemples : Nous avons tous entendu quelqu'un qui commence une conversation en disant, "I can't even begin to tell you what happened to me today..." mais qui continue en faisant précisément le contraire, détaillant les événements; c'est cela, la prétérition!
        (Jean-Jacques Goldman, "Je ne vous parlerai pas d'elle..." -- chanson)
    <<Je ne vous parlerai pas d'elle
        Elle est à côté de moi quand je me réveille
        ...
        Elle est mon sol, elle est mon ciel
        Elle est là, même où mes pas ne me guident pas
        etc...>>

prose poétique

prosodie : le système de règles relatifs au mètre poétique, qui gouverne la versification / la scansion (vr. : scander).

prosopopée : (prosopopeia) figure par laquelle on fait parler ou agir une personne absente (ou morte...), un animal, ou une chose.
        Exemple (...);

Q
quatrain : une strophe ayant 4 vers.
 

R
refrain : suite de mots, d'expressions, ou de vers qui se répète après chaque couplet d'une chanson (par exemple, d'une ballade), où à des intervalles plus ou moins réguliers dans un poème à forme fixe.

rejet : cf : enjambement.

(rime) riche : une rime est "riche" lorsqu'elle se fond sur la répétition d'un son vocalique (voyelle) + au moins deux autres sons vocaliques, consonantiques (consonne), ou une combinaison de ces deux.

    Exemples :

larmes / charmes : les phonèmes [a], [r], et [m] constituent la rime
criard / liard : les phonèmes [i], [a], et [r] constituent la rime
soeur / douceur : les phonèmes [s], [oe], et [r] constituent la rime
mortel / autel : les phonèmes [t], [E], et [l] constituent la rime


    voir aussi : pauvre, suffisante

rime : disposition de sons identiques à la finale de mots qui tombent (généralement) à la fin de vers ou de groupes rythmiques (métriques).

voir aussi : pauvre, suffisante, riche; féminine/masculine; croisée, embrassée, plate; intérieure; léonine


rondeau : poème/chanson (populaire au Moyen Age) qui consiste en deux rimes et dans lequel certains vers sont répétés.

rythme : <<élément harmonique essentiel qui distingue formellement la poésie de la prose et qui se fonde sur le retour imposé, sur la disposition régulière des temps forts, des accents et des césures, sur la fixité du nombre des syllabes, etc.>>
(Le Nouveau Petit Robert)

S
scander (v.tr.) : compter le nombre de syllabes (ou de pieds métriques) d'un vers  (le processus --> la scansion).

sizain : une strophe ayant 6 vers, ou terme collectif pour parler des deux tercets d'un sonnet.

sonnet : poème à forme fixe ayant 14 vers (divisés en 4 strophes -- 2 quatrains suivis de 2 tercets), un mètre et une rime réguliers.

stances : poème lyrique qui sort d'une inspiration sérieuse (la religion, la mort, la morale, etc.)

strophe (stanza) : ensemble de vers ayant un mètre, une rime, et une disposition typographique cohésifs.  Quelques types de strophes : tercet, quatrain, sizain, huitain.

(rime) suffisante : une rime est "suffisante" lorsqu'elle se fond sur la répétition d'un son vocalique (voyelle) + un autre son, soit vocalique, soit consonantique (consonne).
    Exemples :

lieu / mieux : les phonèmes [j] et [ø] constituent la rime
bijou / acajou : les phonèmes [zh] et [u] constituent la rime
champ / chant : les phonèmes [sh] et [ã] constituent la rime
mène / Gênes : les phonèmes [E] et [n] constituent la rime


    voir aussi : pauvre, riche

syllepse

symbolisme

synecdoque : type de métonymie par lequel on 1) implique une chose en faisant référence à une partie de cette chose ou à la matière dont la chose est construite; 2) implique le pluriel en nommant le singulier ou vice-versa; 3) implique le plus en nommant le moins ou vice-versa.

Exemples :
1) "la voile" pour "un navire" (partie --> tout); "le fer" pour "une épée" (matière --> chose)
2) "la loi" pour "les officiers de police" (singulier --> pluriel)
3) "les mortels" pour "les êtres humains" (plus --> moins)

voir aussi : métonymie

synérèse : (synaeresis) l'unification des sons vocaliques (voyelles) de deux syllabes pour en prononcer une syllabe, gardant ainsi un mètre régulier (voir son contraire : diérèse).
    Exemple :
 

T
tercet : une strophe ayant 3 vers.

trope : terme général désignant toute figure de style qui détourne de son sens propre un mot / une expression (antonomase, calembour, comparaison, litote, métaphore, métonymie, etc. sont des tropes).
 

V
versification : système de règles (de rime, de mètre, etc.) qui gouverne l'écriture des vers poétiques

versifié(e) : [adj.]écrit(e) en vers.

versifier : [verbe] écrire un texte en vers.

vers blanc : des vers qui ne suivent pas un schéma de rime régulier.

vers libre : des vers qui n'ont pas de mètre régulier.
 

Z
zeugme : construction qui omet la répétition d'un mot ou groupe de mots (généralement des verbes), lorsqu'on peut facilement deviner l'omission.  Très souvent, le terme non répété porte deux sens différents.
    Exemples :
        "You held your breath and the door for me" (Alanis Morissette, "Head Over Heels")
        "L'air était plein d'encens et les prés de verdure" (Victor Hugo, "Tristesse d'Olympio"
 
 
 

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Last updated :
1 August 2001